vendredi 26 août 2011
Animated sheet music [videos] - Holy Kaw
![]()
Here’s your jazz moment for a Friday morning. In the age of bouncy-ball sing-a-longs, it’s nice to see some good old-fashioned sheet music every once in a while (even if it is of the bouncy-ball variety).
“So What” by Miles Davis
“Confirmation” by Charlie Parker
Full story at YouTube via Kottke.
See the music.
magnifique ! instructif !
Flamenco anticapitaliste
Le collectif militant espagnol flo6x8 improvise des performances flamenco dans les agences bancaires afin de protester contre la dérégulation financière et l’impunité des banques.
Le site internet du collectif militant flo6x8
Maroc : La révolution tranquille ? Rencontre avec Mohamed Tozy
Propos recueillis par Justine Canonne
Le 20 février 2011, des manifestations ont lieu dans plusieurs villes marocaines. Dans la foulée s'est créé un mouvement - le mouvement dit "du 20 février" -, qui exige un changement de constitution et des réformes démocratiques. Le roi Mohammed VI promet une réforme constitutionnelle, adoptée par référendum le 1er juillet dernier. Mais alors que de nombreux observateurs vantent la réactivité de la monarchie, le mouvement du 20 février poursuit ses revendications. Le politologue Mohamed Tozy revient sur le contexte politique au Maroc.
Quels principes ont présidé à la récente réforme constitutionnelle ?
Certaines questions de fond ont structuré ce chantier de réformes : cela consistait d'abord à rappeler que la source exclusive de la souveraineté est le peuple, puis à affirmer la suprématie de la constitution sur toute autre forme juridique, qu’elle soit traditionnelle ou religieuse. Le credo était : toute la constitution et rien que la constitution. La réforme constitutionnelle rend impossible l’introduction de révisions qui remettent en cause les choix démocratiques et les acquis dans le domaine des droits de l’homme.
Il s’agissait en outre de repenser le statut de la monarchie, qui devient une institution constitutionnelle comme les autres et dont les pouvoirs sont tirés exclusivement de la constitution. Ces questions peuvent paraître banales, mais la pratique constitutionnelle des cinquante dernières années les a malmenées. N’oublions pas qu’il existe un courant au Maroc qui tente de justifier les pouvoirs temporels du roi par leur origine religieuse et qui veut faire de la Shari’a une norme supra-constitutionnelle.
Les plus importantes nouveautés apportées par la réforme constitutionnelle sont liées au fait que le gouvernement n’est plus responsable devant le roi. Le roi ne peut user directement du pouvoir que dans des situations exceptionnelles. Le monopole du pouvoir législatif revient au Parlement, le roi ne peut légiférer. La constitution consacre donc désormais un type particulier de parlementarisme. Le parti vainqueur des élections est assuré de diriger le gouvernement. Une majorité structurée et forte oblige le roi à composer avec elle.
Cela dit, beaucoup dépendra de la personnalité du futur Premier ministre, à qui reviendra le défi de s’autonomiser en s’appuyant sur le texte constitutionnel. Le vrai pouvoir se situe au conseil du gouvernement, où s’élaborent les lois organiques du pays. Et le Premier ministre a désormais le pouvoir de présider le conseil en cas d’absence du roi. Ainsi, le roi est obligé de négocier en permanence avec les autres acteurs.
Le roi du Maroc a le titre de commandeur des croyants. Qu'implique ce titre dans l'exercice du pouvoir ? Que devient-il avec la réforme constitutionnelle ?
Le titre de commandeur des croyants, consacré par les anciennes constitutions, introduisait beaucoup d’ambiguïté parce qu'il se référait à une interprétation abusive de la théorie musulmane du pouvoir. L’article 19, qui consacrait ce statut, créait une grande promiscuité entre les prérogatives de chef d'Etat et de chef religieux et permettait une interprétation de la constitution faisant du roi une institution supra constitutionnelle qui, de par ce statut, pouvait légiférer pour sauver la communauté musulmane.
Ce statut de commandeur des croyants est par ailleurs revendiqué par les conservateurs comme par les partis de gauche pour des raisons différentes. Les premiers espèrent, à travers le roi, consacrer la suprématie du religieux. Les seconds pensent que ce statut permet d’insérer la religion dans la constitution – et donc ne pas placer la religion au-dessus du texte constitutionnel - et pensent aussi que le roi préservera le Maroc des extrémismes. Dans la rédaction actuelle de la constitution, la commission [qui a participé à l’élaboration du projet de réforme constitutionnelle] s'est efforcée de limiter les prérogatives liées à ce statut, qui permet au roi d'intervenir exclusivement dans le domaine du religieux, à travers la nomination des clercs aux conseils religieux et la sollicitation de ces derniers pour des avis. Il faut préciser enfin que cette fonction religieuse du roi implique sa responsabilité pour garantir par la constitution l'exercice de la liberté des cultes et qu’elle concerne tous les croyants et pas uniquement les musulmans.
Le mouvement du 20 février a poursuivi les manifestations après le référendum du 1er juillet dernier, à l’issue duquel les électeurs ont approuvé la réforme constitutionnelle.Qui compose ce mouvement ? Quelles sont ses revendications ?
Le mouvement du 20 février a fonctionné dans un premier temps comme un électrochoc qui a remis en marche le processus réformiste et banalisé des questions qui étaient taboues, par exemple le caractère immoral de la collusion entre le monde des affaires et celui du pouvoir. Ce mouvement a permis de maintenir la pression durant les travaux de la commission et de changer parfois le rapport de forces en son sein.
Malheureusement, il s'agit d'un mouvement très peu structuré, composé de plusieurs sensibilités politiques. Les deux dominantes en sont le mouvement islamiste Al Adl Wa Al Ihssan, et deux partis de gauche : le premier, Annahj Addimoqrati, est hostile au système politique actuel alors que le second, le parti socialiste unifié, est un parti à vocation réformiste. L’absence de structuration du mouvement du 20 février et les disparités idéologiques en son sein l’ont rendu inefficace au moment des arbitrages cruciaux, à la veille de la finalisation du texte de réforme constitutionnelle. C’est la raison pour laquelle le PJD (Parti de la justice et du développement), associé à des groupes conservateurs, est apparu comme le seul vainqueur des arbitrages rendus in fine, qui introduisent certaines ambiguïtés quant aux interprétations du texte constitutionnel qui seront données à l’avenir.
Monarchie fédératrice, réforme constitutionnelle… Le Maroc semble adopter une démarche plus réformiste que révolutionnaire. Le pays pourrait-il néanmoins basculer dans un processus révolutionnaire ?
Je ne le pense pas. La monarchie reste très populaire. En revanche, si les gouvernements issus des prochaines élections n'assument pas leur rôle de leadership et n'engagent pas les réformes nécessaires, le Maroc sera confronté à la montée des revendications sociales et économiques. La gestion de ce type de contestation, qui porte non pas sur les fondements du pouvoir mais son mode de gestion, requiert une grande dose de responsabilité et de courage que le personnel politique ne semble pas disposer à avoir. La solution de facilité serait de continuer à user du crédit de la monarchie auprès des Marocains, or celui-ci n'est pas inépuisable…
Source : http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_dossier_web=72&id_...
pour Tozy le Maroc n est pas dans un processus révolutionnaire, le titre du commandeur de croyants est revendiqué par la droite et la gauche, le mvt 20 février n a pas su s imposer lors de l arbitrage final, le pjd, si ! par rapport à la cause de libération du peuple marocain, celle à venir , la vraie , tozy est un traître ! Tozz fi Tozy dirait un certain ex-guide ! à l ombre de leur maître Makhzen , drappés de leur diplômes d intellos modernes , ils ont en horreur le petit peuple ! la révolution ? Surtout pas, quelle horreur ! il m est arrivé d assister un jour à une conférence de Tozy et j ai vu le mépris makhzenien ( je suis susceptible vis à vis de cette moue de déni qui te dit que je vaux mieux que toi parceque mon sang est royal , presque bleu ! ) dans ses réponses et regards ! j y reviendrai un jour ! Pour le moment JE DENONCE LA TRAHISON DE NOS CLERCS !
jeudi 25 août 2011
Monde arabe : aux origines de la contestation
Auteurs : Justine Canonne et Marie Deshayes
Systèmes politiques verrouillés, économies fragiles et inégalitaires, démographies galopantes, tensions intercommunautaires... Le point sur le contexte dans lequel ont émergé les révolutions arabes en 2011.
Il est impossible de comprendre les révolutions arabes sans considérer l’arrière-fond : la situation de blocage politique de la région. « Ce sont des régimes sclérosés, sans État de Droit, avec une justice aux ordres que l’on a vu tomber au début de l’année en Tunisie et en Égypte », observe Olivier San Martin, enseignant-chercheur en géopolitique à l’Université de Tours. Ces systèmes politiques verrouillés ont longtemps été tolérés, voire encouragés par les Occidentaux, qui considéraient les maîtres de ces États autoritaires comme des remparts contre l’islamisme.
Des logiques de rente
Ce blocage politique engendre un système verrouillé économiquement. « En Tunisie et l’Égypte perdurent des logiques de rente, fondées sur l’accaparement des ressources par les grandes familles, les élites, explique le chercheur. Si la libéralisation économique a stimulé en partie la croissance grâce au tourisme, elle a aussi creusé les inégalités, alimenté la corruption, l’affairisme dans ces deux États ».
Cette logique de rente peut prendre d’autres formes : les régimes algérien et libyen peuvent résister aux contestations notamment grâce à la rente pétrolière. Cette manne financière assure aux dirigeants suffisamment de dividendes pour ne pas avoir à ouvrir leur pays à l’extérieur : la communauté internationale dispose ainsi de peu de prise sur les décisions politiques de ces chefs d’État.
Le poids de la démographie
Les jeunes ont été désignés comme les principaux protagonistes de ces révoltes. Ils forment en effet la classe d’âge numériquement la plus importante dans ces sociétés : « Ces pays sont dans une phase d’aubaine démographique », observe Olivier San Martin. Environ un cinquième de la population a entre 15 et 24 ans, ce qui pourrait constituer un moteur pour la croissance économique. « Or, dans la région, cette aubaine demeure virtuelle », poursuit le chercheur. Les jeunes diplômés sans perspective d’avenir, dans des économies incapables de fournir assez d’emplois pour les intégrer, sont donc à l’avant-garde des contestations. Pour autant, selon Olivier San Martin, il ne s’agit pas d’un mouvement spontané : « En Égypte, c’est le mouvement du 6 avril 2008 (année des grèves dans les usines textiles du Delta du Nil), qui est à l’origine de la manifestation du 25 janvier 2011 marquant le début de la révolution. »
La contestation actuelle s’appuie donc sur des mouvements qui ont commencé à se structurer dans les années 2000, par exemple avec le mouvement Kefaya (« ça suffit ») de 2004 en Egypte… Ce ne sont pas dans les partis politiques traditionnels que les jeunes se sont organisés, mais à travers le milieu associatif (associations de défense des droits de l’homme, etc.) et le web (réseaux sociaux, blogosphère).
L’issue de ces révolutions n’est pas encore certaine. Pour Laurent Bonnefoy, chercheur à l’Institut français du Proche-Orient, « l’histoire des révolutions du printemps arabe ne s’écrit pas en quelques mois. Nous avons affaire à des temporalités longues. Rien n’est écrit. »
Chronologies par pays
TUNISIE
17 décembre 2010 : Mohammed Bouazizi, un jeune vendeur ambulant, s'immole à Sidi Bouzid pour protester contre la saisie de sa marchandise par la police. Début d'une vague de contestation.
11 janvier 2011 : Les affrontements gagnent Tunis.
14 janvier : Fuite du président Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, vers l’Arabie Saoudite.
17 janvier : Nouveau gouvernement d'union nationale, dans lequel l’équipe sortante conserve des postes clés.
24 janvier: L’armée se porte « garante de la révolution ». Les manifestants exigent la démission du gouvernement.
26 janvier : Mandat d’arrêt international contre Ben Ali et son épouse.
7 mars : Nouveau gouvernement provisoire sans aucun ancien ministre de Ben Ali.
ÉGYPTE
25 janvier 2011 : Première manifestation sur la Place Tahrir au Caire. Début de plusieurs semaines de mobilisations des Égyptiens en vue de la chute du régime.
11 février : Le président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, quitte le pouvoir.
19 mars : Référendum sur la constitution égyptienne, avec 77% des voix en faveur des amendements proposés (limitation du nombre et de la durée du mandat présidentiel, assouplissement des conditions de candidatures électorales).
3 août : Ouverture du procès de Hosni Moubarak, rapidement ajourné et reporté au 15 août. L’ancien président égyptien est accusé du meurtre de plus de 800 manifestants et de détournement de fonds publics.
15 août : Nouvelle audience du procès Moubarak, ajourné puis reporté au 5 septembre prochain.
SYRIE
15 mars 2011 : Rassemblement à Damas après un appel lancé sur Facebook.
21 avril : Levée de l’état d’urgence. Plus de 80 manifestants tués le lendemain.
25 avril : L’armée entre à Deraa. Au moins 25 personnes sont tuées.
13 juin : Alep, deuxième ville du pays, est gagnée par la contestation.
8 juillet : Les ambassadeurs français et américain se rendent à Hama pour manifester leur soutien aux manifestants.
31 juillet : L’armée syrienne entre dans Hama. En quelques jours, le bilan est d'au moins 90 morts, selon des organisations de défense des droits de l'homme.
3 août : Le Conseil de sécurité de l’ONU condamne « les violations généralisées des droits de l’homme ».
14 août : L'armée syrienne a lancé une opération navale sans précédent à Lattaquié, au nord-ouest du pays, faisant une trentaine de morts.
24 août : L'ONU vote une résolution demandant l'ouverture d'une commission d'enquête internationale sur la violation des droits de l'homme.
ALGÉRIE
Début janvier 2011 : 5 jours d'émeutes contre la vie chère et le chômage font 5 morts et plus de 800 blessés.
Du 14 au 30 janvier : 2 décès par immolation et 7 tentatives.
19 février : Marche organisée par la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) interdite. Elle se transforme en rassemblement.
24 février : Levée de l’état d’urgence en vigueur depuis 1993.
7 mars : Des gardes communaux, chargés de suppléer la gendarmerie, se rassemblent pour réclamer de meilleures conditions de travail.
15 avril : Le président Abdelaziz Bouteklika, au pouvoir depuis 1999, commande la tenue de consultations en vue de réformes politiques. Ces consultations débutent le 21 mai sans la participation de plusieurs partis d’opposition.
LIBYE
15 février : Des émeutes éclatent à Benghazi.
17 février : Manifestations de la « Journée de la colère » réclamant le départ du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969. Elles se heurtent à une violente répression policière.
26 février : Résolution de l'ONU imposant un embargo sur les armes, une interdiction de voyager et un gel des avoirs du clan Kadhafi, et demandant la saisine de la Cour pénale internationale pour « crimes contre l'humanité ».
27 février : Les opposants forment un Conseil national de la transition à Benghazi.
2 mars : Début de la contre-offensive des forces de Kadhafi dans l'est du pays.
17 mars : Résolution 1973 de l'ONU qui autorise le recours à la force pour protéger les populations civiles et crée une zone d'exclusion aérienne.
19 mars : Début des frappes aériennes de la coalition contre les forces de Kadhafi.
27 mars : L'OTAN prend officiellement le commandement des opérations militaires menées dans le pays.
27 juin : La Cour pénale internationale délivre des mandats d'arrêt pour crimes contre l'humanité à l'encontre de Mouammar Kaddafi, de son fils Seif el-Islam Kaddafi et du chef des services de renseignements Abdullah al-Senoussi.
15 août : Les rebelles affirment être entrés dans une « phase décisive », et contrôler la « majeure partie » de Zaouiah, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de la capitale libyenne, ainsi que les villes de Gariane et Sourmane.
21 août : Les rebelles entrent dans la capitale, Tripoli. Lundi 22, ils encerclent la résidence de Kadhafi. Le Conseil national de transition a fait prisonnier le fils de Mouammar Kadhafi, Saïf Al-Islam.
23 août : Le quartier général de Kadhafi tombe aux mains des rebelles. Kadhafi affirme dans un message audio l’avoir quitté pour des « raisons tactiques ».
MAROC
20 février 2011 : Manifestations de milliers de Marocains dans plusieurs villes du pays, dont Rabat, Casablanca, Marrakech… Ils réclament un gouvernement aux pouvoirs élargis et des réformes politiques.
9 mars : Le roi Mohammed VI annonce une réforme constitutionnelle. Le « mouvement du 20 février » poursuit ses manifestations les semaines suivantes, réclamant plus d’égalité, de justice sociale et une lutte efficace contre la corruption.
17 juin : Le roi Mohammed VI présente le projet de réforme constitutionnelle. Les militants du « mouvement du 20 février » se disent insatisfaits de ce projet et demandent des réformes politiques plus profondes : recul plus net des prérogatives royales, séparation des pouvoirs plus marquée…
1er juillet : Référendum portant sur la nouvelle constitution marocaine, avec plus de 98% des voix en faveur de celle-ci.
3 juillet : Nouvelle vague de manifestations dans plusieurs villes du pays, à l’appel du Mouvement du 20 février, qui exige davantage de réformes politiques, à la suite du référendum constitutionnel.
16 août : Le ministre de l’Intérieur Taïeb Cherkaoui annonce la tenue d’élections législatives anticipées le 25 novembre prochain.
YÉMEN
27 janvier 2011 : Premières mobilisations dans la capitale yéménite, Sanaa. Les manifestants réclament le départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978.
5 mars : Le président Saleh refuse de quitter son poste d’ici la fin de l’année, comme le souhaite l’opposition. Il affirme qu’il restera au pouvoir jusqu’en 2013, terme de son mandat.
18 mars : Plusieurs dizaines de personnes sont tuées lors de mobilisations contre le pouvoir.
30 avril : Le président Saleh refuse de signer un plan de sortie proposé par les monarchies du Golfe prévoyant sa démission, alors qu’il avait donné son accord de principe quelques jours plus tôt.
3 juin : Le président Saleh est blessé dans un tir d’obus à Sanaa. Il est transporté en Arabie Saoudite pour y être soigné.
7 juillet : Première apparition télévisée du président Saleh depuis son hospitalisation en Arabie Saoudite. Il n’évoque ni sa démission ni un éventuel retour au Yémen.
16 juillet : L’opposition annonce la création d’un conseil transitoire présidentiel.
16 août : Le président Saleh annonce son retour prochain au Yémen.
BAHREÏN
14 février 2011 : Des milliers de manifestants se rassemblent sur la place de la Perle dans la capitale du Bahreïn, Manama, pour réclamer des changements politiques et sociaux. Les forces de sécurité répriment ces mobilisations.
14 mars : Des soldats saoudiens de la force commune du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) entrent au Bahreïn. L’opposition bahreïnienne dénonce une « occupation étrangère ».
15 mars : Le roi du Bahreïn décrète l’état d’urgence pour trois mois dans un contexte de manifestations anti-gouvernementales.
8 mai : Ouverture d’un procès d’exception pour plusieurs militants d’opposition.
1er juin : Levée de l’état d’urgence. Annonce d’un « dialogue national » et instauration d’une commission indépendante pour enquêter sur les abus commis durant la répression du soulèvement.
2 juillet : Ouverture officielle du « dialogue national » au Bahreïn. Malgré ses réticences, le groupe d’opposition El Wefaq accepte de participer à ces discussions destinées à relancer le processus de réforme politique.
7 août : Libération de deux anciens députés chiites du parti d’opposition El Wefaq. Devant être initialement jugés par un tribunal d’exception, ils seront finalement jugés par une cour civile.
Source : http://www.scienceshumaines.com/index.php?lg=fr&id_dossier_web=72&id_...
CADTM - Maroc : Quand les jeunes de Safi réclament du travail, l'Etat répond par arrestations et jugements
Des manifestations violemment réprimées se sont déroulées à Safi le 1er août 2011. Safi est un port de pêche situé sur la côte atlantique marocaine. C’est aussi une ville industrielle : conserveries, usine chimique Maroc phosphore, industries textiles, toutes concentrées dans le quartier Sud de la ville et, en ce qui concerne les conserveries et le textile, durement touchées par la crise internationale. A cela s’ajoute les pollutions provoquées par les rejets de l’industrie chimique qui ont aussi provoqué des fermetures d’usines. Le port de Safi à lui seul employait 15000 ouvriers, il n’en reste plus que 2000 actuellement. La crise du textile a causé la fermeture de 3 usines qui employaient 1400 ouvrier-e-s. A peine 400 ouvriers saisonniers continuent à travailler dans les conserveries. On estime que 72 000 familles sont affectées par le chômage.
Des lueurs d’espoir avec le mouvement du 20 février
Mais des lueurs d’espoir apparaissent avec le mouvement du 20 Février. La région Asfi- Sud a connu depuis cette date 32 marches populaires avec pas moins de 5000 manifestants, à majorité des jeunes. C’est dans ce quartier qu’habitait Kamal Oumari, enlevé lors d’une de ces manifestations et mort suite aux tortures qu’il a subies le 2 juin 2011. Son enterrement a été suivi par des dizaines de milliers de manifestants qui réclamaient le jugement de ses tortionnaires.
Safi est aussi l’une des villes où le taux de boycott a été le plus élevé lors du dernier référendum constitutionnel car les agents de l’administration n’ont pas pu y mener aussi aisément leur campagne d’intimidation et de propagande.
Par ailleurs, les syndicats des travailleurs liés à l’OCP (Office Chérifien des Phosphates), avec le soutien du mouvement du 20 février, ont organisé une manifestation de plus de 3000 ouvriers. Suite à cette lutte, ils ont obtenu une importante augmentation du salaire, ce qui a encouragé les habitants de la région à s’organiser, manifester et affronter la peur.
Les jeunes et les chômeurs du quartier veulent du travail
Depuis plusieurs années, 4 associations de chômeurs luttaient pour le droit au travail : l’ANDCM (ass. Nati. Des diplômés Chômeurs, Association des licenciés chômeurs, association des travailleurs chômeurs, Association des victimes de l’affaire Anajat. Après le 20 Février, deux autres groupes : Alliance des fils de retraités de l’OCP et la coordinations des lauréats des instituts techniques ont été créés. Toutes ces associations ont signé un accord avec le gouverneur de la ville, l’ANAPEC (Agence pour l’emploi) et l’OCP pour l’embauche des jeunes. Les jeunes se sont organisés pour présenter des listes de candidatures à la préfecture mais devant le refus des responsables de la préfecture de prendre ces listes, ils ont organisé, le 1er août dernier, un sit-in devant la préfecture et le blocage des trains de l’OCP.
Ce même jour, les habitants du quartier Kawki organisaient un rassemblement contre l’augmentation des factures d’eau et d’électricité devant le siège de la compagnie qui a délégué le contrôle des compteurs depuis le mois de mai 2011 à une société privée.
Les forces de l’ordre nombreuses ont cerné le quartier et attaqué les manifestants, chargé et poursuivi les jeunes dans tous les quartiers- sud, toute la population s’est retrouvée cernée et attaquée. Les affrontements violents ont duré toute la journée du 1 août et se sont poursuivis toute la nuit. Deux postes de police ont été incendiés. Les manifestants disent avoir vu des hommes cagoulés descendre d’une voiture appartenant à l’OCP, remettant en question la version officielle qui incrimine les jeunes des quartiers.
14 arrestations ont été opérées, en voici la liste (on y note la présence de plusieurs mineurs) :
Amine Bouladam, élève, né en 1993
TAabane Ali, artisan, 1982
Mehdi Anouane, coiffeur, 19ans
Miloud Elabti, marchand ambulant, 1980
Bentir Mohcine, élève coiffeur, 1993
Karim Boujamaa, élève ; 1993
Azi Benchrifa, élève, 1993
Zaid Adile, diplôme et chômeur, 1981
Candi Abdelkrim, chômeur, 1987
Fidadi Abdelkader, chômeur, 1979
Omar Martal, chômeur
Touzani, handicapé mental,
Les chefs d’inculpation : constitution bande criminelle, incendie de lieux publics, rassemblement armé, désobéissance, coups et blessures sur agents d’autorité en fonction, blocage du train, destructions des biens publiques et saccage des biens
Le jeudi 4 aout, ils ont été présentés devant le tribunal, le jugement a été reporté au 11 aout 2011
Solidarité avant tout
Il convient de rappeler que ces arrestations ne sont pas les seules
A Bouarfa, dans l’est du Maroc, suite à une intervention violente des forces de répression le 18 mai 2011, dix militants dont les syndicalistes Kabouri et Chennou, ont été condamnés à l’issue d’un jugement inique à 2 et 3 ans et purgent leur peine
Dans la ville minière de Khouribga, au centre du Maroc, des affrontements ont opposé des manifestants revendiquant du travail à l’OCP et les force de l’ordre le 6 juillet dernier, suite à des promesses d’embauches non tenues.
Le Maroc, loin des caméras et des médias vit une situation d’insurrection. Les jeunes et moins jeunes des villes et quartiers défavorisés sont en révolte permanente. Sans travail, sans logement, sans droit, sans justice sociale, ils se retrouvent dans les rues depuis le déclenchement du mouvement du 20 février.
Mais le pouvoir et le makhzen n’ont pour réponse que répression et condamnations, élections truqués et mascarades pour gagner du temps. Jusqu’à quand ?
Brisons le silence ! Solidarité et liberté pour les détenus ! Jugement des tortionnaires .
6 août 2011
Souad Ganoune, militante d ATTAC-CADTM écrit sur la situation des luttes sociales à Safi après la vague de répression abattue sur cette ville de Fils du peuple ! ouled ecchaab , enfants de soleil, de mer et de Misère !