dimanche 30 septembre 2012

Le romancero de la résistance espagnole - Dario Puccini - 2

Les jours de la vie sont

amers à qui, à force

de souvenirs, ne vit

qu'une très longue attente.

 

Luis Cernuda. Un espagnol parle de sa terre. Trad. Claude Couffon. In. Dario Puccini. Le romancero de la résistance espagnole

 

Amargos son los días

de la vida, viviendo

sólo una larga espera

a fuerza de recuerdos.

 

Luis Cernuda. Un español habla de su tierra

 

Parmi les dieux fléchis et les vierges pourries

voici que s'illuminent d'espérance

les brumes cruelles, les paysages submergés

et les sourdes fenêtres souterraines.

 

José Herrera Petere. Poètes à Genève. Trad. Claude Couffon. In. Dario Puccini. Le romancero de la résistance espagnole.

 

Y entre dioses doblados y vírgenes podridas

Nos viene iluminado de esperanza

Estas crueles brumas, paisajes sumergidos,

Estas sordas ventanas subterráneas.

 

José Herrera Petere. Poetas en Ginebra

 

Poètes sans patrie, comme moi condamnés

à griffer leurs mots sur les rocs

au rouge soir des journées de fatigue

durs rocs sanglants où se hissent des mains

qui voudraient voir, mais défaillent au bord !

 

José Herrera Petere. Poètes à Genève. Trad. Claude Couffon. In. Dario Puccini. Le romancero de la résistance espagnole

 

¡ Oh poetas sin tierra como yo condenados

A arañar sus palabras en las rocas

Del rojo anochecer de días cansados,

Duras sangrientas rocas donde hay manos

Que quieren ver y no llegan al borde !

 

José Herrera Petere. Poetas en Ginebra

 

Un nouveau jour s'achève.

 

Et nous pouvons encore nous appeler esclaves.

 

Anonyme. Les jours. Trad. Claude Couffon. In. Dario Puccini. Le romancero de la résistance espagnole

 

Un día más transcurre.

 

Aún podemos seguir llamándonos esclavos.

 

Anónimo. Los días

 

Qui souffre, étant vaincu, n'est pas encore vaincu.

 

Anonyme. Années hors du temps. Trad. Claude Couffon. In. Dario Puccini. Le romancero de la résistance espagnole

 

Quién sufre su derroto aún no está derrotado.

 

Anónimo. Años fuera del tiempo

 

J'ai là devant ma voix vingt années amères

et je pense que c'est peu de vie pour tant de beauté.

Peu de souffrance pour cette atroce grandeur.

 

Anonyme. Années hors du temps. Trad. Claude Couffon. In. Dario Puccini. Le romancero de la résistance espagnole

 

-

Veinte años tengo ante mi voz maduros,

y pienso : es poca vida para tanta hermosura.

Es poco sufrimiento para esta atroz grandeza.

 

Anónimo. Años fuera del tiempo

 

Je n'ai jamais vu le ciel, si bleu, infini,

crucifié sur des barreaux. Je n'ai jamais entendu ce que dit

un fusil se levant vers la poitrine sans défense.

Je n'ai jamais écrit avec du sang aucun nom sur le sable.

 

Anonyme. Années hors du temps. Trad. Claude Couffon. In. Dario Puccini. Le romancero de la résistance espagnole

 

-

Yo nunca tuve el cielo, tan azul e infinito,

crucificado en rejas. No he sentido qué dice

 

un fusil que se encara con el pecho indefenso.

Nunca escribí con sangre nombre alguno en la arena.

 

Anónimo. Años fuera del tiempo

 

-

Quelle voix d'adolescent signalera : " Ceci est mort;

ceci

est plénitude ", ou bien " Regardez l'aurore " ?

 

Anonyme. Années hors du temps. Trad. Claude Couffon. In. Dario Puccini. Le romancero de la résistance espagnole

 

-

¿ Qué voz adolescente señalará : " Esto es muerte;

esto

es plenitud, " o bien : " Mirad la aurora " ?

 

Anónimo. Años fuera del tiempo

 

tes mains étaient épis d'or et de gloire

te vainquant toi-même en ton compromis.

 

Juan Miguel Romá. A Manuela Sánchez. Trad. Claude Couffon. In. Dario Puccini. Le romancero de la résistance espagnole

 

y en tus manos maizales de oro y gloria

al vencerte a ti misma con tu empeño.

 

Juan Miguel Romá. A Manuela Sánchez

 

Je suis un homme que chérissent littéralement

tous les malheurs - et heureusement que l'espoir est si grand !

 

Blas de Otero. Autre temps. Trad. Claude Couffon. In. Dario Puccini. Le romancero de la résistance espagnole

 

-

Yo soy un hombre literalmente amado

por todas las desgracias - ¡ gracias que es tan grande la esperanza !

 

Blas de Otero. Otro tiempo

 

car le sourd entend lui aussi

la cloche qu'il aime.

 

José Augustín Goytisolo. Sans savoir comment. Trad. Claude Couffon. In. Dario Puccini. Le romancero de la résistance espagnole

 

-

también el sordo oye

la campana que ama.

 

José Agustín Goytisolo. Sin saber cómo

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